Blog : Intelligence artificielle : une industrie d'avenir à Montréal

Les cerveaux québécois de l’Intelligence Artificielle à Montréal

Les cerveaux québécois de l’Intelligence Artificielle à Montréal

Les cerveaux québécois de l’Intelligence Artificielle à Montréal

Classe affaires se positionne comme étant un « facilitateur » dans le domaine du développement des affaires au Québec et au Canada. Grâce à notre réseau bâti et qualifié depuis de nombreuses années nous aidons les start up à trouver leur place sur le marché Nord Américain, avec des financements, des subventions, des investisseurs intéressés par votre projet d’implantation au Québec pour votre entreprise.

Le Québec compte des chercheurs universitaires de réputation internationale dans le monde de l’intelligence artificielle (IA). Qui sont-ils et à quoi travaillent-ils exactement ?

Chercheur en apprentissage profond (deep learning) le plus en vue au Québec, peut-être au monde, Yoshua Bengio dirige le MILA, qui regroupe environ 200 personnes.

 

«Avec mes travaux, j’essaie d’aller au-delà des limites actuelles de ce qu’on est capable de faire avec la science. Quand on regarde les systèmes informatiques et le genre d’erreurs qu’ils font, on se rend compte que ça illustre une incompréhension de base de la nature ou du monde qui nous entoure», dit-il.

 

M. Bengio précise que son projet de recherche principal est de développer un cadre pour entraîner les ordinateurs de façon qu’ils comprennent mieux les relations entre les causes et les effets. «Ces travaux n’ont pas d’horizon précis. On travaille à des choses assez mathématiques et on ignore quand on va déboucher», dit-il.

 

Yoshua Bengio travaille aussi à trouver un nouveau bâtiment pour abriter le MILA, afin de regrouper en un même lieu les scientifiques en recherche fondamentale (comme les professeurs et les étudiants au doctorat), l’équipe qui fait les transferts technologiques, de même que les start-up et autres entreprises d’ici et d’ailleurs qui vont contribuer à l’écosystème. «On aura alors la possibilité de se voir plus facilement. Ce n’est pas encore approuvé, mais on espère qu’on va pouvoir finaliser les plans et signer le bail d’ici un an», dit-il.

 

Joëlle Pineau : apprendre aux machines à prendre des décisions 

 

 

Université McGill, Reasoning and Learning Lab, FAIR

 

En plus de ses travaux à l’Université McGill, Joëlle Pineau a été nommée directrice du laboratoire montréalais du Facebook Artificial Intelligence Research (FAIR) le 15 septembre.

 

«Au niveau plus fondamental, je travaille surtout à des modèles mathématiques et à des algorithmes de prise de décision. Nous voulons apprendre aux machines à prendre des décisions en fonction de certains objectifs et contraintes. Ce sont des travaux assez généraux, alors les modèles qu’on développe doivent être utilisables pour plusieurs applications», explique-t-elle.

 

En complémentarité de ces modèles, Mme Pineau travaille depuis une dizaine d’années à la conception de fauteuils roulants intelligents. «Ça ressemble aux modèles utilisés pour la voiture autonome, mais ça demande évidemment beaucoup moins de ressources. Nous avons quelques prototypes à l’aide desquels nous avons effectué des tests avec des usagers», raconte-t-elle.

 

De plus, Mme Pineau effectue des travaux en intelligence artificielle dont l’objectif est d’aider à prévenir les crises d’épilepsie et d’offrir des traitements en santé mentale, ainsi que contre le cancer et le diabète. «Nous voulons savoir si nous pouvons améliorer notre capacité à proposer des traitements comportant une séquence de décisions, dans les cas où les interventions doivent être planifiées de façon stratégique», dit-elle. Ces travaux sont menés en collaboration avec l’Institut et hôpital neurologiques de Montréal et avec l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, situé à Verdun.

 

Jonathan Gaudreault : usine 4.0 

 

 

Université Laval, De la forêt au client (FORAC), Consortium de recherche en ingénierie des systèmes industriels 4.0

 

Jonathan Gaudreault a été nommé, le 20 juillet, directeur du Consortium de recherche en ingénierie des systèmes industriels 4.0. «Ma carrière et mon groupe de recherche sont consacrés à l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le secteur manufacturier, surtout avec le phénomène 4.0 dont on entend beaucoup parler en ce moment», raconte M. Gaudreault.

 

Le chercheur explique qu’une usine 4.0 se définit comme un établissement où tout peut être automatisé, de la commande à l’expédition.

 

Il précise que, dans certains cas, cette coordination peut être effectuée avec des technologies plus classiques, mais que, parfois, une telle planification demande l’usage de technologies plus poussées à base d’intelligence artificielle.

 

Dans le secteur des produits du bois, M. Gaudreault cite une technologie qui a récemment été transférée à l’industrie. «On a développé des algorithmes et des logiciels d’optimisation pour planifier de manière automatique l’étape du séchage du bois», dit-il.

 

Concrètement, cette étape prévoit l’assemblage de paquets de bois dans d’immenses séchoirs industriels pour que les matériaux puissent atteindre le taux d’humidité demandé par les clients.

 

Il ajoute qu’une planification sur trois semaines, qui prenait plusieurs heures ou plusieurs jours auparavant, peut aujourd’hui être effectuée en quelques minutes. M. Gaudreault soutient que la technologie est à ce jour utilisée dans une cinquantaine de séchoirs au Québec et en Ontario.

 

Froduald Kabanza : des jeux vidéo intelligents 

 

 

Université de Sherbrooke, Menya Solutions

 

Avec ses étudiants à la maîtrise et au doctorat, Froduald Kabanza mène des travaux dans le domaine des jeux vidéo. «Ces dernières années, on s’intéresse beaucoup au jeu de stratégie en temps réel StarCraft. L’idée est simplement d’avoir une IA qui pourrait battre des champions à ce jeu. On est très loin d’y parvenir, mais c’est facile à déployer et ça motive beaucoup les étudiants», dit-il.

 

De plus, il existe de nombreuses compétitions où les systèmes d’intelligence artificielle conçus un peu partout dans le monde peuvent s’affronter entre eux. «Je travaille à des algorithmes d’intelligence artificielle au niveau fondamental en ayant en tête des applications qui peuvent dépasser le cadre des jeux vidéo», explique M. Kabanza, un Rwandais d’origine qui a fait ses études universitaires à Liège.

 

Le professeur ajoute que StarCraft, au-delà de son aspect ludique, est beaucoup plus complexe qu’un jeu d’échecs ou de go. «Il y a de nombreuses unités à contrôler, de la coordination à faire et un élément tactique plus développé à utiliser, dit-il. Les algorithmes conçus pour jouer à StarCraft, ou plus récemment à StarCraft II, peuvent ensuite inspirer des travaux pour le développement d’applications militaires ou en aérospatiale. M. Kabanza, avec sa société Menya Solutions, a reçu des mandats de Recherche et développement pour la défense Canada et travaille aussi avec des sociétés comme MacDonald, Dettwiler and Associates (MDA) – l’entreprise qui a conçu le bras canadien -, Lockheed Martin Canada et CAE.

 

Doina Precup : des systèmes informatiques plus autonomes

 

 

Université McGill, Reasoning and Learning Lab

 

Doina Precup se spécialise en apprentissage automatique et en apprentissage par renforcement. «L’idée de ces méthodes est de faire des systèmes qui apprennent un peu comme le font les animaux, en recevant des récompenses ou des punitions s’ils donnent ou non de bonnes réponses», dit-elle.

 

La chercheuse précise que ses travaux ont pour objectif de rendre les systèmes informatiques plus autonomes, notamment dans les domaines de l’imagerie médicale et de la médecine en général.

 

«En plus du monde de la santé, nos travaux sont destinés aux entreprises qui veulent employer le marketing pour mieux servir leur clientèle. Nous utilisons la reconnaissance des actions grâce aux téléphones mobiles branchés aux réseaux Wi-Fi. Des applications, il y en a de toutes sortes», explique Mme Precup, qui travaille entre autres avec Samsung et Google.

 

L’universitaire concède que l’apprentissage par renforcement demande beaucoup d’efforts de la part des chercheurs. «Il faut traduire les problèmes en un langage que les systèmes peuvent comprendre et implanter les algorithmes. J’espère que ce sera plus facile dans cinq ans», dit-elle.

 

Un objectif à plus long terme de Doina Precup est de concevoir des systèmes informatiques en lesquels les professionnels qui ne sont pas spécialisés en IA peuvent avoir confiance. «Si une entreprise utilise la technologie, par exemple dans le secteur de la santé, elle doit n’avoir aucun doute sur son bon fonctionnement, et ce, même si elle ne comprend pas les algorithmes dans leurs moindres détails», affirme-t-elle.

 

 

 

(RE)LIRE NOTRE DOSSIER SPÉCIAL
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE:
COMMENT LE QUÉBEC PREND PART À LA RÉVOLUTION

 


Article paru sur le journal les affaires 

Pour en savoir plus, nous sommes à votre disposition : cliquer ici

Intelligence artificielle : une industrie d’avenir à Montréal

Intelligence artificielle : une industrie d’avenir à Montréal

Intelligence artificielle : une industrie d'avenir à Montréal
Intelligence artificielle : une industrie d’avenir à Montréal

Intelligence artificielle : une industrie d’avenir à Montréal

Pierre Boivin savait que l’intelligence artificielle était une industrie d’avenir. Mais le coprésident du comité d’orientation pour la création d’une grappe industrielle en intelligence artificielle a été surpris par l’enthousiasme du secteur privé à Montréal.

Le président et chef de la direction de Claridge doit trouver 50 millions de dollars de fonds privés d’ici l’automne pour investir dans la nouvelle grappe industrielle québécoise en intelligence artificielle. « La réponse a été très, très forte et très positive. Je n’ai aucun doute qu’on va lever les 50 millions, on va même les dépasser largement. […] Il n’y a aucun doute que l’enthousiasme est là », dit Pierre Boivin, qui a été nommé coprésident du comité d’orientation du gouvernement du Québec, le printemps dernier, avec le recteur de l’Université de Montréal Guy Breton.

Au Québec, le gouvernement Couillard investira 100 millions sur 5 ans dans la nouvelle grappe en intelligence artificielle. Après avoir investi 40 millions dans son dernier budget, Ottawa pourrait en mettre beaucoup plus sur la table. Le mois dernier, le laboratoire MILA – un labo d’intelligence artificielle conjoint avec des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université de Montréal – a demandé au gouvernement fédéral 50 millions parmi les 950 disponibles dans la nouvelle politique d’innovation du gouvernement Trudeau.

Or, pour bénéficier de ces nouveaux fonds fédéraux, les laboratoires doivent trouver l’équivalent en fonds privés. C’est la mission de Pierre Boivin, connu du grand public pour ses 12 ans à la tête du Canadien de Montréal, mais aussi l’une des personnes les mieux branchées au sein de Québec inc. 

« L’enthousiasme est à tous les niveaux : les grandes entreprises, les PME. Il est aussi dans tous les secteurs : la santé, l’aérospatiale, le commerce électronique. L’intelligence artificielle est une nouvelle science qui va affecter toutes les industries. »

— Pierre Boivin

En parallèle aux efforts du comité que président MM. Boivin et Breton, l’entreprise montréalaise Element AI, cofondée par le chercheur de renommée mondiale Yoshua Bengio (Université de Montréal), a conclu en juin dernier un financement de 136 millions auprès d’investisseurs privés.

MONTRÉAL CONTRE SILICON VALLEY

La mission du comité : créer une industrie de l’intelligence artificielle au Québec assez forte pour concurrencer Silicon Valley – ou, du moins, qui ne se fera pas avaler par les capitaux américains.

« Effectivement, il y a raison de croire qu’on peut être un joueur aussi important qu’eux, et pas dépendant d’eux, dit Pierre Boivin. Il faut que le Canada soit un exportateur net d’intelligence artificielle, il faut capitaliser sur nos forces, développer un écosystème complet et robuste, jusqu’à la commercialisation. On n’a pas les moyens des Américains ou des Chinois, mais il faut en avoir assez. »

Le plan de match de la future grappe industrielle est que les entreprises québécoises comme Element AI conçoivent des technologies en intelligence artificielle et en gardent la propriété plutôt que de la vendre aux géants américains. « Il faut innover et avoir la chaîne de financement pour protéger nos innovations », dit Pierre Boivin, qui s’attend à la mise en place de fonds de capital de risque en intelligence artificielle au Québec « dans la prochaine année ».

UN ÉCOSYSTÈME, UN ÉDIFICE

La future grappe en intelligence artificielle souhaite notamment regrouper chercheurs universitaires, ingénieurs en recherche appliquée et entreprises dans le même édifice à Montréal. « Le défi, c’est de créer un écosystème intégré. On a souvent entendu qu’on fait beaucoup de recherche, on enregistre les brevets, on vend des brevets. […] Nous voulons un institut de classe mondiale où tout sera dans un même lieu, où les gens échangeront des idées à longueur de journée », dit Pierre Boivin, qui souligne les bénéfices des investissements universitaires des deux dernières décennies en intelligence artificielle à Montréal.

Pierre Boivin est conscient de l’aspect unique de sa mission. « Si on joue bien nos cartes, si on investit bien et rapidement pour conserver et consolider notre leadership, on peut créer une industrie très importante basée ici au Canada, avec un pôle d’excellence très fort sur Montréal », dit-il. 

Un scénario qui lui rappelle une autre grappe industrielle, celle-là dans les années 80 : l’aérospatiale. « On avait créé une industrie de toutes pièces, dit-il. Je ne me souviens pas de la dernière fois que Montréal avait une telle notoriété et capacité d’être un gros joueur dans un secteur d’avenir. »

Article paru dans le journal la presse

Pour en savoir +

error: Content is protected !!