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Le commerce de détail au Canada, quelle tendance ?

Le commerce de détail au Canada, quelle tendance ?

Article rédigé par Xavier Chambon, Président-fondateur de Classe Affaires Canada France

Le commerce de détail au Canada, quelle tendance ?

Si vous vous promenez dans les rues de Montréal, de Québec ou de Toronto, entre les cônes oranges de la construction et les grues, vous constatez que le visage des villes est en plein changement, boutiques fermées, grandes faillites, restructurations. Entre reconfiguration des centres villes, pertes d’attrait des centres commerciaux et révolution numérique, y-a-t-il de l’avenir dans le commerce de détail au Canada ?

OUI mais certainement pas comme avant. ! Tout d’abord c’est un secteur en progression contrairement aux apparences de février 2017 à février 2018, les ventes au détail augmentent de 3,5% selon Statistique Canada. Voici un état des lieux pour tous les détaillants qui projettent de s’installer au Canada qui demeure une belle porte d’entrée pour les Amériques, mais encore faut-il arriver bien préparé et en toute connaissance du marché.

Plus de place pour ceux qui n’apportent plus de valeur ajoutée ou de points de différenciation !

Au Canada, nous avons connu la disparition de grandes marques au cours de la dernière décennie : Mexx Canada, Future Shop, Parasuco, Jacob, le géant américain Target et plus récemment Sears; ils ont tous mis la clé sous la porte. Pourquoi ? Une offre trop banale, une expérience client désastreuse, l’arrivée de spécialistes plus pointus dans l’offre aussi bien en magasin qu’en ligne.

Le commerce de détail est maintenant une bataille de géants qui font pression sur les prix et les marges.

Ralentissement du nombre de ménage au Québec et donc prévoir un ralentissement des ventes au détail

Selon les prévisions de l’institut de la statistique du Québec, le taux de croissance annuelle de la population pourrait passer de 3,8% à seulement 2,1% d’ici 2036. Celui des ménages chuterait de 4,5% à 2,4%. L’effet sur les dépenses de consommation se fait déjà sentir. Il faut donc prendre en compte que le Canada et plus particulièrement le Québec est un immense territoire qui compte peu d’habitants (8 millions au Québec et plus de 35 millions au Canada). Chaque consommateur compte dans le commerce de détail et s’il vieillit ou s’il consomme différemment, dans l’hypothèse où le détaillant ne suit pas ses changements, la sanction peut être assez rapide.

Concentration des joueurs, surtout dans le web !

La proximité des Etats-Unis n’est pas négligeable dans les ventes au détail au Canada. Amazone contrôle la moitié du commerce en ligne, Amazone et Walmart y accaparent 60% du commerce électronique. Les ventes en lignes sont en hausse de 30% par année. Ceci confirme l’adage du business aux États-Unis :«Oneproduct, One dollar, One million !»

 

La solution des produits de niche et l’omnicanal ?

Face à ces géants, seule une stratégie basée sur la valeur ajoutée, la spécialisation, des exclusivités avec un service très soigné en magasin et sur le web, devient une solution gagnante comme les enseignes suivantes :

Les consommateurs veulent avoir une expérience continue et en lien avec le service en ligne. Les magasins deviennent des espaces expérientiels qui est le prolongement du web.

Loin d’être condamné à disparaître, le magasin qui a pignon sur rue a toujours sa raison d’être, à la condition de savoir se réinventer. C’est en se sens que Décathlon s’illustre avec l’ouverture à succès de son tout premier magasin expérientiel au Canada. 37 000 p2 (environ 3 700 m2) de découverte avec un mur d’escalade, des essais produits, un gymnase et même un café local. Un concept fort, dans un marché bien ciblé, des bons prix et une expérience magasin unique…

A suivre !

Decathlon Canada

Personnalisation de l’offre

À l’heure de l’intelligence artificielle et du «big data», les nouvelles technologies nous aident à mieux comprendre le consommateur dans son désir d’achat. Les détaillants qui se donneront la capacité de traiter la masse de données recueillies auprès de leur clientèle gagneront une longueur d’avance.

 

 

 

Des centres commerciaux qui doivent se réinventer

Nous assistons à la mort des centres traditionnels. Pour celles et ceux qui en doute, je vous invite à suivre ces reportages terrifiant aux Etats-Unis sur ce site http://deadmalls.com/

Les grandes surfaces sans âme, qui n’apportent pas de plaisir et qui n’ont pas d’âme sont vouées à disparaitre. Nous assistons au Canada à un équilibrage du trop grand nombre de centres commerciaux qui offrent «trop de tout pour peu de monde»!

En ce moment, tous les centres de la région de Montréal sont en profonde mutation. Ils se repositionnent avec des concepts hybrides qui mêlent divertissement et commerce de marchandises. Cinéma, hôtel, Aqualand, salles de spectacle côtoient les boutiques et les détaillants. Tout est fait pour que le client vive une belle expérience, y reste longtemps et y revienne.

Les chiffres en «détail»!

Les annonces de magasins semblent s’accumuler depuis dix ans aux Etats-Unis. Voyons quelles sont les secteurs qui ouvrent et ceux qui ferment. (Sources : The statistic portal, avril 2018)

Les achats en ligne au Canada

Le commerce électronique au Canada

Les achats en ligne confirment la tendance illustrée par le nombre de fermetures et d’ouvertures d’établissements. Portrait des types de biens que le consommateurs canadiens déclarent avoir achetés en ligne en 2017.

La croissance du commerce électronique dans le monde

On prévoit d’ici 2022 que le commerce électronique représentera près de 2 473 milliards de $ US dans le monde. C’est en Chine que les achats en ligne vont croître le plus rapidement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait du commerce de détail au Québec

  • 58% des adultes québécois achètent en ligne et majoritairement entre 25 et 45 ans.
  • 43% sont des acheteurs occasionnels soit 2 à 6 achats dans l’année, 11% achètent 25 produits services et plus
  • 33% dépenses en moyenne 300$
  • 47% vont en magasin pour avoir les biens immédiatement une fois repérés en ligne.
  • 64% préfèrent toucher, voir et essayer sur place avant d’acheter en ligne
  • 46%achètent en ligne car les prix sont meilleurs

Êtes-vous omnicanal au Québec ?

  • 80% des consommateurs recherchent l’information sur internet en vue de faire un achat en magasin
  • 66% consultent en ligne l’inventaire du commerce avant de se rendre sur place
  • 51% s’informent en magasin en vue d’acheter sur internet
  • 42% utilisent leur mobile pour obtenir de l’information sur les lieux mêmes du commerce
  • 24% achètent en ligne et font la cueillette en magasin
  • 17% retournent les biens achetés en ligne

Pour conclure

Comme le dit si bien Monsieur Jean-François Ouellet, professeur agrégé au département d’entrepreneuriat et innovation de HEC Montréal : «Depuis les années 1990, les spécialistes du marketing et du service à la clientèle répètent qu’il n’est pas suffisant de satisfaire ses clients : il faut les émerveiller et les enchanter jusqu’à ce qu’ils ne puissent s’empêcher de s’écrier «Wow!». Ce serait la seule manière de survivre à une époque où la concurrence est féroce et où les options pour les consommateurs sont innombrables. Attention ! L’intelligence artificielle et l’internet changent la donne.»

 

Inspiration pour cet article : Revue Gestion HEC Montréal volume 43 été 2018.

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