Entreprendre au Canada : les bonnes résolutions de 2018 avec Classe Affaires

Entreprendre au Canada : les bonnes résolutions de 2018 avec Classe Affaires

 

CANADA-FRANCE : LE MEILLEUR DES DEUX MONDES
Xavier Chambon, Président-fondateur de Classe Affaires Canada France nous livre ses sept enseignements pour entreprendre et s’installer durablement au Québec.

J’ai passé 15 années de ma vie professionnelle en France et j’attaque cette année mon 11ème hiver en sol nord-américain. Quels enseignements peut-on tirer de ces deux expériences sur les plans personnel et professionnel ?

 

1er ENSEIGNEMENT :
« Le Québec n’est pas la France, l
e Québec n’est pas le Canada
et le Canada n’est pas les Etats-Unis »

Cela parait évident mais ce n’est pas si simple. La facilité avec laquelle nous intégrons la vie quotidienne au Québec, grâce à notre langue commune, cache une réalité toute simple.  Ne cherchez pas à comparer avec la France, nous sommes dans un autre pays : la culture, les affaires, l’intercommunication, les habitudes de consommation ; rien n’est pareil. 

En outre, il n’y a pas un Canada, mais «des Canada». Demandez à un Québécois ce qu’il pense de Toronto ? Demandez à un habitant de Vancouver ce qu’il pense du Québec, et ne pensez pas que les Canadiens souhaitent être assimilés à oncle Sam ;  le Canadien revendique sa différence.

Le trait commun qui marque la profonde différence est dans l’esprit nord-américain. C’est un style, une façon d’être, de penser, de faire des affaires.

 


2ème ENSEIGNEMENT
:

«Quand la poésie rejoint le pragmatisme»
 

En France, nous sommes des poètes. En Amérique, nous sommes des pragmatiques. Il y a une très jolie expression au Québec qui traduit bien certaines incompréhensions lorsque que l’on explique notre projet, notre concept à un banquier canadien ou à des futurs clients. Lorsque nous utilisons des phrases longues et poétiques et que la poésie l’emporte sur le pragmatisme, on qualifie l’exercice de «pelleteux de nuage». 

A l’inverse, lorsque la poésie et le savoir-faire à la française, rejoignent le pragmatisme à la nord-américaine, cela fait un des meilleurs cocktails au monde pour entreprendre.

 

3ème ENSEIGNEMENT :
L’esprit nord-américain : champion de l’exécution
Je pensais être assez opérationnel dans ma façon de faire avec mon expérience dans la distribution, mais c’est en travaillant et en entreprenant ici que j’ai appris le mot exécution. C’est une différence fondamentale entre nos deux cultures. Nous sommes dans un pays jeune qui a grandi à la force des bras. Les conditions climatiques au Canada ont accéléré ce processus d’exécution. Peu de temps pour semer, planter, récolter, réparer…
J’ai appris à ne plus trop m’étendre sur les idées, la confrontation d’idées, mais davantage à mettre en application et en exécution le projet. Quitte à le corriger par la suite, car c’est dans l’action et l’exécution que les choses se font en Amérique du Nord. Je me rappelle ce que me disait le propriétaire de la plus grande chaîne de fitness au monde lorsque je lui demandais comment il avait fait pour croître aussi rapidement (3000 points de ventes en moins de 10 ans). Il m’avait répondu : «C’est mon numéro de téléphone qui est affiché sur mon site web, je réponds au client en premier». Ensuite il avait ajouté : «weactbeforewethink» et à la question, vous devez tout de même avoir quelques soucis de crise de croissance en allant si vite, il avait répondu :  «yes, but we have cash to solve the problems».

Voilà qui illustre une autre différence culturelle que nous devons appréhender dans le 4ème enseignement.

 

4ème ENSEIGNEMENT :
L’échec n’est pas une tare, au contraire
En arrivant ici, je ne me sentais pas très fier de ma dernière expérience professionnelle. J’ai eu 7 années difficiles dans un marché en déclin et il fallut prendre des décisions parfois très dures pour l’entreprise. En France, je vivais cette expérience, d’une richesse extraordinaire, un peu comme un échec personnel,  un aveu de faiblesse.
Le sentiment de n’avoir pas réussi ou peut-être de n’avoir pas fait les bons choix. Pendant les premières années au Canada, je ne mettais pas en avant cette belle expérience et au fil du temps, c’est l’esprit nord-américain qui vous gagne et qui vous pousse à voir combien la réussite passe par ne pas avoir peur de l’échec.
Au contraire, aujourd’hui j’en fais une profession de foi car je n’ai pas peur de partager mes difficultés, mes erreurs. C’est aussi ce qui m’a conduit à créer Classe Affaires. Même si ma propre expérience ne fait pas foi, pourquoi ne pas la partager et inviter les collaborateurs à le faire car le partage d’expériences peut s’avérer très utile lorsque l’on a un projet.

Il existe, au Canada, des réunions au cours desquelles le patron d’une boite explique comment il «s’est planté» ou a fait faillite. Verrions-nous cela en France? Nous venons d’un système éducatif très strict, qui ne laisse pas de place à l’erreur. C’est certes une bonne chose pour la perfection, mais cela n’encourage pas à prendre des risques, l’échec n’étant pas permis dans notre éducation.

 

5ème ENSEIGNEMENT :
Voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide

Et si nous vivions dans un monde positif ? Où vos idées ne sont pas critiquées mais au contraire encouragées, où tout vous parait possible. Il n’y pas de problème, il n’y a que des solutions. Où la création est saluée, l’entrepreneuriat stimulé, votre pugnacité et vos efforts respectés…Bienvenue, vous êtes en Amérique !  
Quel bain de jouvence ! Moi qui rêvais de créer quelque chose, de me réaliser ; c’est vraiment le continent pour cela. Rien ni personne ne vous dira que c’est une mauvaise idée. A contrario, rien ni personne ne vous dira que votre idée va dans le mur ; vous devez le découvrir par vous-même. La sanction ? Le client absent, pas de vente, le client ne revient pas…et le tout, avec le sourire. Cette euphorie du tout positif peut avoir un effet grisant voire trop positif, comme si vous respiriez trop d’oxygène et que vous ne voyiez plus la réalité.

 

6ème ENSEIGNEMENT :
La critique n’est pas un sport national

 

Le regard des autres, la peur du ridicule, de l’idée folle, de se lancer tout simplement, c’est une barrière plus haute que nous, Français, devons franchir. Faites le simple exercice de prononcer des mots anglophones avec un accent parfaitement maîtrisé d’Angleterre ou  d’Amérique du Nord, en réunion, en famille ou entre amis, et vous aurez ce regard un peu moqueur (mais au fond très envieux),ou cette petite phrase qui pique soulignant votre façon singulière et non conventionnelle de prononcer le mot «wi-fi» («wy fy»).

 
Vous souhaitez entreprendre, vous lancer en affaires, à votre compte. Parlez-en autour de vous et il vous faudra une dose de courage, voire d’inconscience pour risquer d’aller jusqu’au bout de votre projet. En effet, après avoir tenté d’expliquer votre projet à quinze personnes qui trouvent que c’est une mauvaise idée, qui vous font l’étude de marché et vous expliquent que cela ne peut pas fonctionner, vous voici face à une administration qui vous achève à coup de formulaires et de dépenses.

 

 7ème ENSEIGNEMENT :
Nos entrepreneurs, ces héros !

Nos contraintes nous rendent plus forts ! Les 35 heures nous ont permis de devenir les champions de la rationalisation, de la productivité ; les contraintes administratives, de la pugnacité ; l’esprit critique, de l’argumentation ; l’impossible échec, de la prudence ; le poids fiscal, de la gestion…Bref, nos entrepreneurs français sont des héros ! En arrivant sur le sol américain, ce sont toutes ces qualités qui peuvent s’exprimer pleinement. Retirez toute la déperdition d’énergie, canalisez les forces vives sur votre projet, prenez le meilleur du savoir-faire local au pays du «tout est possible» et vous obtiendrez un cocktail gagnant, le meilleur des deux mondes.  

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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