
23 févr. 2026
Investir dans une franchise représente bien plus qu'acquérir un simple droit d'exploitation. C’est construire un patrimoine entrepreneurial solide grâce à la force d’une marque établie. Voici les véritables leviers de création de valeur en franchise, et les différences majeures entre les modèles français et québécois.
Le goodwill : l’atout maître de votre patrimoine franchisé
La valeur immatérielle qui fait toute la différence
Le goodwill, ou fonds de commerce, constitue l’élément patrimonial le plus précieux d’une franchise. Il englobe la notoriété de la marque, la clientèle fidélisée et la réputation acquise. Contrairement à un commerce indépendant qui doit bâtir sa notoriété de zéro, le franchisé bénéficie immédiatement de cet actif immatériel. Selon les secteurs, le goodwill peut représenter 30 à 60% de la valeur totale de l’entreprise. Il se renforce avec le temps, créant une plus‑value significative lors de la revente.
L’achalandage : votre clientèle comme capital
Transformer les flux clients en valeur patrimoniale
L’achalandage généré par une franchise constitue un actif mesurable et transmissible. Les enseignes reconnues garantissent un flux client prévisible grâce à leur image et à leurs campagnes nationales. Cette stabilité des revenus crée une valeur supérieure à celle d’un commerce indépendant. Une franchise alimentaire bien située peut ainsi voir son achalandage valorisé entre 1,5 et 3 fois son chiffre d’affaires annuel. Cet actif client constitue un capital stratégique pour le franchisé… mais sa propriété varie selon les pays, comme nous le verrons plus loin.
Les actifs tangibles : ce qui vous appartient réellement
Distinguer propriété et droits d’usage en franchise
Le franchisé devient propriétaire de nombreux éléments : équipements, mobilier, stock, fonds de commerce et parfois les murs. Seuls la marque et le savoir‑faire restent propriété du franchiseur. Les équipements professionnels représentent souvent 100 000 à 500 000 dollars d’actifs, et le stock constitue un actif liquide. Ces éléments tangibles forment la base du patrimoine transmissible, indépendamment du contrat de franchise.
La création de valeur : les leviers spécifiques à la franchise
Comment maximiser la rentabilité de votre investissement
Plusieurs leviers amplifient la création de valeur :
Effet réseau : coûts d’approvisionnement réduits.
Innovation continue : compétitivité sans investissement R&D.
Accompagnement opérationnel : optimisation des performances.
Résultat : des marges souvent 20 à 40% supérieures à celles d’une entreprise indépendante.
Multi‑franchise et pluri‑bannière : accélérateurs puissants de patrimoine
Multiplier les unités, diversifier les enseignes, sécuriser la valeur
La multi‑franchise : l’effet de levier interne au réseau
Développer plusieurs points de vente sous la même enseigne permet :
de mutualiser les coûts,
d’augmenter le pouvoir de négociation,
de multiplier mécaniquement la valorisation globale.
Un portefeuille de 3 à 5 unités peut valoir plusieurs millions d’euros selon le secteur.
La pluri‑bannière : diversifier pour sécuriser son patrimoine
Exploiter plusieurs franchises de marques différentes permet :
de réduire la dépendance à un seul marché,
de profiter de cycles sectoriels complémentaires,
de construire un patrimoine plus résilient et plus attractif lors d’une revente globale.
Les groupes pluri‑bannières atteignent souvent les valorisations les plus élevées.
France vs Québec : deux modèles juridiques, deux réalités patrimoniales
Une différence fondamentale : le droit au bail
En France : le droit au bail, un actif patrimonial clé
Le droit au bail fait partie intégrante du fonds de commerce. Il appartient au franchisé et possède une valeur propre, parfois très élevée. Il est revendable, transmissible et constitue un pilier du patrimoine commercial français.
Au Québec/Canada : pas de droit au bail, pas de valeur locative transmissible
Au Canada, le droit au bail n’existe pas. Le bail commercial n’a aucune valeur patrimoniale autonome. Le franchisé ne peut ni le vendre, ni le monnayer. Le propriétaire immobilier et parfois le franchiseur conservent un contrôle direct sur l’emplacement.
Conséquence : le franchisé québécois construit moins de valeur patrimoniale immobilière qu’un franchisé français.
À qui appartient l’achalandage au Québec ?
Une nuance essentielle pour les franchisés français
En France, l’achalandage appartient au franchisé : il fait partie du fonds de commerce.
Au Québec, l’achalandage est généralement considéré comme appartenant à la marque, donc au franchiseur.
Pourquoi ?
La clientèle vient d’abord pour l’enseigne.
Le franchiseur contrôle l’image, le marketing et les standards.
Le franchisé n’est que l’exploitant d’un concept qui ne lui appartient pas.
Le bail ne lui confère aucun droit patrimonial sur l’emplacement.
Le franchisé québécois bâtit donc une équité… avec une marque et un achalandage qui ne lui appartiennent pas juridiquement.
C’est une nuance que les futurs franchisés français doivent absolument comprendre.
Peut‑on s’enrichir avec une franchise ?
Analyse des potentiels réels
Oui, mais selon le secteur, l’emplacement et la gestion. Les franchises de services affichent souvent des rentabilités nettes de 15 à 25%, contre 8 à 12% pour le commerce traditionnel. Les entrepreneurs qui réussissent le mieux sont ceux qui :
choisissent un concept éprouvé,
exploitent un territoire porteur,
réinvestissent dans la multi‑franchise ou la pluri‑bannière.
Au Québec, où le patrimoine repose moins sur le fonds de commerce, la richesse se construit davantage par l’effet volume que par la valeur d’un point de vente isolé.
La transmission aux héritiers : quel héritage laisser ?
Préparer la succession de votre patrimoine franchisé
La franchise offre un patrimoine transmissible sous conditions. Les héritiers récupèrent les actifs tangibles, le fonds de commerce (en France), le goodwill et la trésorerie. La poursuite d’activité nécessite toutefois l’accord du franchiseur et dépend de la durée des contrats de franchise, des baux commerciaux quand il y en a et des options de renouvellement. Certains contrats prévoient des clauses de transmission facilitées. Il est essentiel de prévoir cette succession dès l’investissement initial.



